Des : la fascinante histoire du taekwondo révélée
En 1955, dans un Séoul en reconstruction, un général coréen trace au tableau noir les premiers mouvements de ce qui deviendra le taekwondo. Soixante-dix ans plus tard, plus de 80 millions de pratiquants à travers le monde exécutent ces mêmes techniques, désormais inscrites au programme olympique. Retour sur une discipline née d’un désir d’indépendance culturelle et forgée par des siècles de traditions martiales coréennes.
Les anciennes racines du taekwondo
Avant même que le mot « taekwondo » n’existe, les techniques de combat coréennes étaient déjà pratiquées sur les champs de bataille de la péninsule. La géographie montagneuse de la Corée et les invasions récurrentes ont naturellement favorisé l’émergence de systèmes de défense rapprochée, transmis de génération en génération.
Sous les Trois Royaumes (57 avant JC – 668 après JC), chaque royaume développait ses propres méthodes martiales :
- Le Taekkyeon : Art martial traditionnel caractérisé par ses mouvements fluides, ses coups de pied circulaires et ses techniques de déséquilibre. Inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2011, il est considéré comme l’ancêtre direct du taekwondo moderne.
- Le Subak : Forme de combat à mains nues mentionnée dans les chroniques anciennes, privilégiant la puissance des frappes et la rapidité d’exécution.
Les Hwarang, élite de jeunes guerriers du royaume de Silla, incarnaient cette fusion entre excellence martiale et formation philosophique. Leur code d’honneur – loyauté envers le souverain, obéissance aux parents, respect des aînés – pose les bases d’une éthique toujours présente dans le taekwondo contemporain.
Le réflexe de pro : Lorsque vous étudierez les origines du taekwondo, distinguez bien le Taekkyeon (art traditionnel aux mouvements fluides) du Subak (style plus puissance). De nombreux spécialistes considèrent que le taekwondo moderne a pris le meilleur des deux, créant ainsi une synthèse unique qui combine élégance et efficacité.
L’influence des arts martiaux étrangers
Ces pratiques autochtones ne se sont pas développées en vase clos. Les échanges culturels avec les puissances voisines ont enrichi le répertoire martial coréen, tout en suscitation un jour le besoin d’affirmer une identité distinctement nationale.
Durant la dynastie Koryo (918-1392), les marchands et diplomates coréens rapportèrent de leurs voyages en Chine des techniques de combat inspirées du Kung Fu. Les mouvements circulaires et les formes codifiées (poomsae) s’intégrèrent progressivement aux pratiques locales.
L’occupation japonaise (1910-1945) modifia profondément le paysage martial coréen. De nombreux enseignements furent interdits ou japonisés. Pourtant, cette période de domination forgea aussi des figures clés du taekwondo moderne : exposés au karaté et au judo, des maîtres coréens comme Choi Hong-hi assimilèrent ces techniques avant de les transformer radicalement après la libération de 1945.
Le piège à éviter : Ne confondez pas influences etimitations. El taekwondo no es simplemente « karate coreano » – c’est une synthèse originale qui a transformé les techniques apprises pour créer quelque chose de nouveau, avec une identité profondément coréenne.
La naissance officielle du taekwondo
La libération de la Corée en 1945 marqua le début d’une nouvelle ère. Dans un pays en reconstruction, les arts martiaux devinrent un symbole fort d’indépendance culturelle. Plusieurs écoles (kwans) émergèrent, chacune enseignant sa propre version des techniques ancestrales.
En 1955, le général Choi Hong-hi proposa le nom « taekwondo » – Tae (pied), Kwon (poing), Do (façon/voie) – pour unifier ces différentes traditions. Cette même année, il publia le manuel de taekwondo, codifiant les techniques qui allaient se répandre dans le monde entier.
Les cinq kwans originaux formaient le socle de cette nouvelle discipline :
- Chung Do Kwan (fondé par Lee Won-kuk)
- Mu Duk Kwan (fondé par Hwang Kee)
- Song Moo Kwan (fondé par Chun Sang-sup)
- Chang Moo Kwan (fondé par Yoon Byung-in)
- Oh Do Kwan (fondé par Choi Hong-hi et Nam Tae-hi)
En 1961, l’Association coréenne de taekwondo fut créée pour fusionner ces écoles sous une bannière commune. Deux ans plus tard, la scission entre l’ITF (Fédération internationale de taekwondo, fondée par Choi Hong-hi) et la Korea Taekwondo Association (futur World Taekwondo) annonçait un schisme qui perdure encore aujourd’hui.
La reconnaissance internationale du taekwondo
La route vers la reconnaissance mondiale fut jalonnée de dates clés. La fondation de la World Taekwondo Federation (WTF, rebaptisée World Taekwondo en 1973) permit d’uniformiser les règles de compétition et d’organiser des Championnats mondiaux.
Les jalons Olympiques suivants racontent le parcours d’une discipline qui a su conquérir le monde :
- 1988 : Sport de démonstration aux Jeux de Séoul
- 1992 : Nouvelle démonstration à Barcelone, où le public européen découvre les spectaculaires coups de pied
- 1994 : Adoption comme sport olympique officiel pour Sydney 2000
- 2000 : Première compétition Olympique à Sydney, avec la Corée du Sud dominant les débats
Aujourd’hui, le taekwondo compte plus de 80 millions de pratiquants licenciés dans 210 pays. Son inclusion aux Jeux paralympiques depuis 1992 a permis à la discipline de toucher un public encore plus large.
Philosophie et valeurs du taekwondo
Au-delà des techniques de combat, le taekwondo prétend à une dimension philosophique que son créateur, Choi Hong-hi, a formalisée à travers cinq principes fondamentaux.
Ces piliers guident la pratique et distinguent la discipline d’un simple sport :
- Ye Ui (courtoisie) : Le respect des autres et de soi-même constitue la base de toute interaction sociale au sein du dojang.
- Yom Chi (intégrité) : L’honnêteté et la moralité dans ses actions démarquent le vrai pratiquant du simple combattant.
- In Nae (persévérance) : Ne jamais abandonner face aux difficultés incarne l’esprit du taekwondo.
- Guk Gi () : Le contrôle de soi – émotions et actions – permet une pratique safely et efficace.
- Baekjul Boolgool (esprit indomptable) : Résister à l’adversité avec courage et détermination.
Ces valeurs reflètent l’influence du confucianisme et des enseignements Hwarang. Elles sont récitées au début de chaque leçon dans la plupart des clubs, rappelant que le « Do » (voie) prime sur la simple acquisition de techniques.
Taekwondo traditionnel vs taekwondo sportif
Cette dualité traverse le monde du taekwondo depuis sa création. Le taekwondo traditionnel, hérité de l’ITF, privilégie les techniques de combat réel, les formes (poomsae) et l’esprit martial. Le taekwondo sportif, promu par World Taekwondo, a adapté les règles pour créer un spectacle télévisuel palpitant, avec des techniques de pied spectaculaires au-dessus de la taille.
Les différences se manifestent dans plusieurs aspects :
- Techniques autorisées : Le taekwondo sportif limite les frappes au pugilat et aux coups de pied, tandis que le traditionnel inclut les blocageages et les clefs.
- Compétition : Le Kyorugi (combat) sportif se déroule sur un ring avec des protections électroniques, le traditionnel privilégie les combats libres.
- Philosophie : Le style ITF conserve une dimension plus martiale, le WTF s’est clairement orienté vers le divertissement sportif.
Pourtant, ces deux courants partagent les mêmes racines et les mêmes valeurs fondamentales. De nombreux pratiquants naviguent entre les deux approches, appreciating la complémentarité.
Le réflexe de pro : Lorsque vous choisirez votre style de pratique, réfléchissez à vos objectifs : compétition Olympique et records de médailles pour le style WTF, desarrollo personal et techniques de défense pour l’ITF. Les deux approches ont leurs mérite – il s’agit de trouver celle qui correspond à votre temperament.
Conclusion : un héritage vivant
Depuis les champs de bataille de l’Antiquité coréenne jusqu’aux rings Olympiques de Paris 2024, le taekwondo a parcouru un chemin extraordinaire. Son histoire témoigne d’une capacité remarquable à absorber les influences extérieures tout en préservant une âme profondément nationale.
Le général Choi Hong-hi et ses contemporains ont transformé des siècles de traditions martiales en une discipline mondiale, accessible à tous – hommes, femmes, enfants, seniors, personnes handiées. Cette universalité constitue peut-être leur plus belle réussite.
Le taekwondo reste vivant parce qu’il evolve avec son temps, tout en restant ancré dans les valeurs qui ont forgé la Corée : respect, perseverance, contrôle de soi. Une voie (Do) practicée par des millions de personnes qui, chaque jour, , perpetuent cet héritage.
Votre plan d’action
- Choisissez votre style : Identifiez si le taekwondo sportif (WTF/World Taekwondo) ou traditionnel (ITF) correspond mieux à vos attentes – compétition, forma physique ou développement personnel.
- Trouvez un club homologué : Recherchez un dojang affilié à une federation reconnue (World Taekwondo ou ITF) pour bénéficier d’un enseignement de qualité et pouvoir competir si vous le souhaitez.
- Commencez par un cours d’essai : La plupart des clubs proposent une session gratuite. Profitez-en pour éprouvr l’ambiance et rencontrer les instructeurs avant de vous engager.
- Apprenez les cinq principes : Memorisez les cinq valeurs fondamentales du taekwondo – courtoisie, intégrité, persévérance, contrôle de soi, esprit indomptable – qui guideront votre progression bien au-delà des techniques.
